Maternité et carrières, toujours incompatibles

Présentez-vous, parlez-nous de vous et de votre entreprise.

Je travaille dans les RH depuis mes études, une vraie passion ! Je conçois mon métier comme un intermédiaire entre les salariés d’une entreprise et la direction : mon rôle est de permettre aux salariés de réaliser leur travail, de progresser et d’évoluer dans les meilleures conditions, le tout en appliquant la vision stratégique de la direction dans le but de la croissance de l’entreprise. Un rôle ambivalent et complexe !

J’ai intégré Itelios il y a un peu plus d’un an. Nous sommes les experts du commerce connecté, nous accompagnons de grandes entreprises (L’Oréal, Lacoste, Picard, Orchestra, Pimkie…) dans le développement de leur commerce numérique : mise en place de sites de e-commerce, applications mobiles grand public ou d’aide à la vente, logiciels de relation clients CRM, etc. sont autant de nos savoir-faire. Mais Itelios est avant tout une tribu de 150 Galopins, comme on appelle affectueusement les salariés, qui travaillent au quotidien dans la bonne humeur, la cohésion et l’entraide. Nous avons d’ailleurs obtenu le label Great Place To Work 2016.

Selon-vous la maternité pénalise-elle la carrière des femmes ?

Hélas, oui, c’est trop souvent le cas. Je remarque des freins à de nombreuses étapes : le recrutement de jeunes femmes de 25 à 40 ans est souvent sujet à des levers de boucliers de personnes qui redoute un congé maternité à court terme. Certains postes stratégiques ne sont pas proposés aux femmes, supposées plus souvent absentes pour s’occuper de leurs enfants, sujettes à prendre de longs congés, etc. Certaines personnes et entreprises partent du principe qu’une femme va privilégier ses enfants au détriment de sa carrière. Or, il est tout à fait possible et courant de rencontrer des femmes qui jonglent très bien entre leur profession et leurs enfants… et qui arrivent à concilier parfaitement les deux, tout comme des hommes d’ailleurs : c’est avant tout une question d’organisation, d’envie, de priorités… et de soutien. A titre d’exemple, je suis mère de trois enfants de 3 à 8 ans, mais Itelios me permet une grande souplesse dans l’organisation de mon travail (horaires flexibles, possibilités de télétravail ponctuel…) et mon époux est très impliqué, ce qui rend possible cette conciliation.

Ces dernières années, avez-vous noté des évolutions en matière de « politique RH » en faveur de la femme enceinte ?

Tout dépend des entreprises ! Et ne nous jetons pas la pierre : les plus petites, les TPME, ne peuvent souvent pas faire grand-chose pour faciliter la vie des femmes enceintes. D’un autre côté, alors que les grandes sociétés le peuvent, beaucoup s’y refusent. Mais, fort heureusement, je constate une amélioration, ou tout du moins une prise de conscience. On entend de plus en plus souvent parler d’horaires aménagés, de congés maternités bonifiés (mieux rémunérés ou plus longs), de retour au travail facilité (places en crèches d’entreprise, proposition de temps partiel ou d’aménagement du temps de travail, retour progressif, entretien personnalisé lors du retour de la jeune mère…). Nous allons clairement dans le bon sens. Notons également, car c’est important, que certaines entreprises mettent également en place de nouvelles politiques RH à destination des jeunes pères : eux aussi ont le droit de s’impliquer dans la vie de leur enfant tout de même !

Comment votre société facilite la maternité des futures mamans ?

Nous sommes dans une société très masculine (près de 80% des effectifs), nous sommes peu confrontés à la question et n’avons donc pas mis en place de politique très formalisée. Nous sommes plutôt dans l’individualisation : aménagement des horaires, flexibilité, télétravail facilité. Nous avons – et j’en suis très fière !- recruté une femme enceinte !

Je travaille également sur un projet de places en crèche qui seraient proposées aux Galopins demandeurs. C’est un coût important mais cela me semble nécessaire.

Et les hommes dans tout ca ?

Et oui, les hommes, on a trop tendance à les oublier ! Là encore, nous sommes à l’écoute des besoins et envie. Un père de trois enfants vient de passer à temps partiel à sa demande : il va bénéficier de quatre semaines de congés supplémentaires pour profiter de ses enfants pendant les vacances scolaires. Un autre père bénéficie d’horaires décalés pour aller chercher ses enfants à l’autre bout de la région parisienne… Tout est fait pour permettre à chacun de concilier enfants et carrière.