LA MALADIE TU NE M’AURAS PAS !

Magalie Berthau, 37 ans.

En septembre ça sera ma deuxième participation à La Parisienne. Cette course est ma meilleure façon de dire à la maladie « tu ne m’auras pas » et de rendre hommage aux femmes de ma famille et à toutes les femmes.

Tout d’abord moi je ne suis pas une grande sportive…plutôt tendance ronde… j’ai toujours fait un peu de sport, mais plutôt en salle. Le running est étroitement lié à ma maladie.

Janvier 2006 : cancer du sein (j’allais sur mes 27 ans, une petite fille de 20 mois et tout juste mariée de 6 mois), bon en même temps, je devais m’y attendre, à ce moment la maladie avait déjà emporté ma grand-mère maternelle et touché par 2 fois ma mère.

Donc c’est parti, on se lance dans le combat contre le cancer et on subit le package : ablation du sein, chimio, rayons, hormonothérapie (ce qui m’empêche de faire un 2ème bébé).

Un jour, en avril 2006, je venais de faire une séance de chimio donc j’étais complètement naze dans mon canapé en train de zapper à la télé. Et là je tombe sur l’arrivée d’un marathon qui me fait penser à une course dont j’ai entendu parler « La Parisienne ». Je prends mon PC et je vais voir sur le site: course de 7 km en faveur de la lutte contre le cancer du sein à Paris , je navigue sur le site et là une force inconnue s’empare de moi et je clique sur inscription…

2016-06-03 12.30.10Je vais voir mon mari …

« Chéri je crois que j’ai fait une connerie »

« Tu as fait quoi ?? »

« Je viens de m’inscrire à une course de 7 km qui a lieu a Paris en septembre »

et il me répond « mais tu ne cours pas »…

« Bah non mais il va falloir que je m’entraîne ».

Donc entre 2 séances de traitement, je commence à m’entrainer pour être capable de courir ces 7 km. Au début je tiens à peine 5 min et finalement j’y arrive. Le grand jour est arrivé, je suis montée à Paris, seule avec mon chéri et mes cheveux qui recommençaient juste à pousser (2 cm), j’ai fait ma course. C’était ma façon de dire à la maladie qu’elle ne m’aurait pas et que je suis toujours debout.

Certes la maladie m’a couché quelques fois mais là j’étais debout et j’ai réussi à courir. De retour à la maison, n’ayant plus d’objectif j’ai arrêté de courir…ouais je sais c’est bête !

Les années ont passé, la maladie a à nouveau touché ma mère mais là le combat était plus difficile. Fin 2010 j’ai eu l’accord des médecins pour tenter de faire un bébé mais ça aussi c’était difficile.

Janvier 2012, la maladie a gagné son combat, ma mère nous a quitté (51 ans), 3 mois plus tard mes premières nausées, bébé est en route… Mais pendant la grossesse, on me détecte une grosseur au sein, je subis une première batterie d’examens… le doute persiste, donc on m’opère et commence a me parler de l’éventualité que c’est cancéreux donc on me ferait accoucher prématurément pour commencer la chimio… je vous explique pas l’angoisse. Le verdict tombe : bénin!!!   OUUUUUUUUUUUUUFFFFFFFFFFFFFFFFF !!!!

Mon petit bout est arrivé en décembre 2012 (l’année a mieux finit qu’elle n’a commencé). Mon p’tit Lou est ma grande victoire face à cette maladie !

En 2015, j’ai (re)commencé à courir pour perdre du poids (d’ailleurs que je n’ai toujours pas perdu !) et en courant j’ai repensé à cette course, je m’étais toujours dit que je l’a referais avec des copines et voilà en 2016, ça fera 10 ans ….C’est l’occasion! J’en parle à ma meilleure amie, qui a horreur de courir mais me dit banco, on en parle à 3 autres copines, qui elles aussi ne courent pas mais sont d’accord. Ça me tenait à cœur de retourner à La Parisienne 10 ans après, mais cette fois-ci, j’embarque mes amies avec moi pour leur faire découvrir ce moment magique !

Nous formons un groupe appelé « les Galoches », on s’entraine tous les dimanches matin et on participe à La Parisienne en septembre 2016…Merci les filles de me soutenir.

La Parisienne a été pour moi, une façon de dire à la maladie « et oui je suis toujours debout ». Et pour cette deuxième participation, je cours pour ma mère, pour ma grand-mère et pour toutes les femmes.

 

Le sport m’a aidé moralement à tenir face à la maladie, grâce au sport je me sentais vivante et forte, ça permet de se dépasser et d’être fière de soi, ce qui fait du bien au moral surtout quand on se sent diminué à cause des traitements.

Si j’ai un message à faire passer aux parisiennes, c’est que le fait de voir des milliers de femmes réunies pour la même chose, la même cause qui nous tient toutes à cœur . Chaque pas est un combat contre la maladie et un pas de plus vers la vie.