Cancer du sein, ce voyage qui compte autant que ses jours

Architecte de formation, chanteuse par passion et responsable d’un centre de bien-être bio et naturel, Sonia BELLOUTI a fait de la nutrition, la cosméto bio et la consomm’action ses chevaux de bataille. Elle est aussi chroniqueuse pour le web.

L’histoire a commencé dans ma salle de bain après la douche, je venais de passer la main sur mon sein quand j’ai senti une petite boule à fleur de peau. Un frisson m’a parcouru tout le corps, j’avais saisi dans l’instant la gravité de la situation.

photo-salon-du-livre-lilleJ’ai gardé secrète toute la phase des premiers examens de vérification sans en parler à qui que ce soit. Je ne voulais pas inquiéter mes proches tant que je n’étais sûre de rien. A la fois pour les protéger et me permettre de continuer à vivre le plus naturellement possible. Je ne voulais pas voir dans leurs yeux les interrogations et la peur. Ma réaction a été égoïste, je préférais me gérer et ne pas avoir à gérer les autres tant que cela était possible.

Une fois le diagnostic confirmé et l’effet de surprise passé, parce que le cancer ça n’arrive qu’aux autres n’est ce pas, s’en suivie une phase d’abattement et son cortège de questions aussi légitimes qu’inutiles : pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Ce n’est pas juste, je mérite mieux… et au bout de 40 jours, oui je sais c’est précis, j’ai fini par accepter la situation. Accepter sa maladie, c’est aimer ce qui nous arrive. Accepter libère une force incroyable et propage en soi une sensation de paix et de grâce propice à la guérison.

C’est sans doute la phase clé de mon parcours car bien vivre une maladie grave, que l’on sait mortelle, est une question de foi. Je ne parle pas de religion ou même de spiritualité, je parle d’une foi qui s’apparente plutôt à une confiance absolue et inconditionnelle en la vie, un peu comme le fait un enfant vis-à-vis de sa mère. Une foi mais aussi une humilité face à l’existence.

Accepter, ce n’est pas se résigner pour autant. Je voulais être actrice de mon destin, je voulais vivre pleinement cette épreuve. C’est là qu’est intervenue « l’équipe  de choc » que j’ai constituée afin de mettre toutes les chances de m’en sortir de mon côté : médecine chinoise, médecine anthroposophique, ostéopathe, fascia-thérapeute, coupeurs de feu… Cela me rassurait, et me rassure toujours, de me savoir suivie pour traiter le terrain dans sa globalité ; mon corps, les fonctions physiologiques mais aussi l’esprit et les énergies, dans leur ensemble.

Tous les moyens étaient bons pour maintenir une vie normale pendant les 9 mois traitements lourds : 11 chimio et 25 radiothérapies, plusieurs interventions chirurgicales. Garder mon nouveau job, maintenir une vie sociale et amoureuse, être présente pour mon fils, tels étaient mes objectifs pour aller de l’avant et mieux supporter le quotidien, la douleur. Mon moteur, surmonter la fatigue, les peurs et les mutilations physiques.

Le cancer a changé ma vie. Aujourd’hui je suis en rémission, ce statut inédit car ni malade ni guérie qu’il faut aussi apprivoiser. 4 ans après le diagnostic je sais que découvrir et toucher du doigt sa mortalité a modifié mon rapport à la vie. Je n’ai pas peur de mourir mais de ne pas assez vivre. Alors j’ai fait de cette phrase mon mantra : Croire en Soi, croire en la Vie, croire en l’Amour… et me laisser surprendre.

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