3 questions au Pr Martine Duclos

Pour la 14ième année consécutive, la Fondation pour la Recherche Médicale – FRM est partenaire de La Parisienne. Un partenariat de longue date qui donne les moyens à la FRM de sensibiliser et engager les coureuses et entreprises participantes contre le cancer du sein. La FRM soutient la recherche biomédicale dans tous les domaines, au profit de toutes les pathologies, dont le cancer. Elle a aussi pour mission d’éclairer le grand public sur les avancées et les enjeux de la recherche biomédicale. Pour en savoir plus et soutenir son action, rdv sur www.frm.org.

La parole est donnée au Pr Duclos qui nous explique les relations entre activité physique et prévention des maladies.

Endocrinologue et physiologiste, chef du service de Médecine du sport et explorations fonctionnelles aux CHU Gabriel-Montpied et Estaing, à Clermont-Ferrand

Observatoire National de l’Activité Physique et de la Sédentarité, Clermont-Ferrand

Chercheur dans l’Unité de nutrition humaine (Inra/Université Clermont Auvergne)

Crédit : E. Begouen Inserm

Quel sont les bénéfices de l’activité physique sur la santé ?

Ils sont multiples ! Il est aujourd’hui scientifiquement établi qu’une activité physique régulière permet de prévenir les maladies chroniques, à l’origine d’une mortalité précoce. À elle seule, l’activité physique permet, par exemple, de prévenir 30 % des infarctus du myocarde, des accidents vasculaires cérébraux, des diabètes de type 2, ou 25 % des cancers du sein ou du côlon. Toutes les études montrent que 30 minutes de marche par jour à bon rythme suffisent pour diminuer la mortalité précoce de 30 %, toutes causes confondues. Et la combinaison avec d’autres facteurs de prévention décuple cet effet : avec une nutrition équilibrée et l’arrêt du tabac, la mortalité précoce est réduite de 60 %.

Par ailleurs, l’activité physique peut remplacer les médicaments ou renforcer leur efficacité : l’activité physique régulière chez des sujets anxieux ou stressés est comparable à l’effet des anxiolytiques, sans les effets secondaires ; de même, elle montre un bénéfice similaire à celui des antidépresseurs chez des sujets souffrant de dépression légère à modérée.

Autre domaine intéressant, la prévention tertiaire (après maladie) : l’activité physique diminue de 30 % les récidives d’accident cardiovasculaire, et de 40 % les récidives de cancer

du sein, du côlon, ou de la prostate, comme leur risque de mortalité. Elle diminue de 40 % la mortalité des patients atteints de diabète de type 2.

Enfin, il faut souligner le bénéfice très transversal de l’activité physique : le bien-être qu’elle procure, l’amélioration de la qualité du sommeil, les liens sociaux qu’elle permet de tisser. Elle s’inscrit dans un cercle vertueux, incluant souvent l’amélioration de la nutrition et l’arrêt du tabac.

Quelle activité physique pratiquer pour améliorer sa santé ?

Il faut avant tout distinguer activité physique et sport qui, lui, s’entend en termes de performances et de compétition. L’activité physique commence dans la vie quotidienne : à l’heure où la sédentarité gagne du terrain, il s’agit d’abord d’être debout et de bouger ! Au travail se déplacer pour échanger avec ses collègues plutôt que par mail, emprunter les escaliers, utiliser les mobilités actives (marche, vélo, etc.). À la maison ne pas rester assis plus d’une heure d’affilée, faire des balades à pied, en vélo, jouer au ballon en famille, jardiner, promener son chien. Et si on souhaite pratiquer un sport, il n’est pas nécessaire de le pratiquer intensivement. Le cadre de l’activité physique est très vaste ! Elle doit être adaptée aux goûts personnels, au temps dont on dispose, aux équipements à sa disposition et à sa condition physique.

À quelle « dose » l’activité physique a-t-elle un effet bénéfique sur la santé ?

Il existe une véritable relation dose-effet : plus on en fait et plus c’est efficace. L’Organisation mondiale de la Santé recommande chez l’adulte une moyenne de 30 minutes d’activité physique modérée (équivalent de la marche rapide) 5 fois par semaine pour atteindre 75 % du bénéfice maximal (réduction de la mortalité due aux maladies chroniques).

Les données les plus récentes montrent que le bénéfice le plus important est obtenu lorsque l’on passe d’aucune activité à un peu d’activité physique : déjà avec 15 minutes par jour, la diminution de la mortalité précoce est de 20 %.

Pour les enfants, les préconisations sont de 60 minutes d’activité physique chaque jour. Or la sédentarité les atteint aussi : à l’école, devant les écrans, dès l’âge de 7 ans ils passent en moyenne 75 % de leur temps assis.

Pour un vrai bénéfice sur la santé, il est donc impératif aujourd’hui de modifier nos comportements, en commençant par la diminution des temps passés assis et l’éducation à l’activité physique régulière dans l’enfance. Avec un objectif pour chacun : la maintenir tout au long de sa vie de manière adaptée.

La Parisienne et la FRM

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