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> Où en est la recherche
Fiche conseil santé
Fiche Conseil proposée par la Fondation pour la
Recherche Médicale
11 000 femmes
décèdent encore chaque année d’un cancer
du sein. C’est la première cause de mortalité par
cancer chez la femme dans les pays occidentaux. Une femme sur 10
est touchée par la maladie au cours de sa vie. L’incidence
de la maladie a fortement augmenté au cours de ces 20 dernières
années, passant de 25000 à 40000 nouveaux cas par an.
Ou en
est la recherche ?
Aujourd’hui, 60% des cancers sont guéris, mais ce taux atteint
90% lorsque la maladie est détectée très tôt,
d’où l’intérêt d’un dépistage
précoce. Depuis janvier 2004 toutes les femmes de 50 à 74
ans sont conviées à passer une mammographie tous les deux
ans. Les autorités sanitaires s’attendent à ce que
ce dépistage systématique abaisse la mortalité de
25 à 30%.
La dénomination de « cancer du sein » regroupe
en fait plusieurs sous-familles de maladies bien distinctes du point
de vue des anomalies moléculaires. C’est pourquoi la tâche
des chercheurs est si complexe et de longue haleine. Aujourd’hui,
les recherches explorent de nombreuses voies, dont voici les exemples
les plus marquants:
Éviter les séquelles
du traitement chirurgical Les tumeurs du sein essaiment en premier lieu vers les ganglions
de l’aisselle. L’ablation de la totalité de ces
ganglions fait donc partie intégrante du traitement, avec
pour conséquences des œdèmes du bras parfois
très handicapants. Depuis quelques années, se développe
la technique dite du « ganglion sentinelle ». Elle permet
d’identifier le ou les deux ganglions qui drainent la lymphe
de la région tumorale. Seuls ceux-ci sont alors prélevés
et analysés, permettant de conserver les autres s’ils
ne sont pas atteints. L’évaluation de cette technique
est en cours.
Un anticorps contre les cancers les plus agressifs
La croissance rapide de certains cancers du sein est liée à la
présence, à la surface des cellules cancéreuses,
d’une protéine HER2 qui favorise la croissance tumorale.
D’où l’idée de bloquer spécifiquement
cette protéine et ses effets délétères
avec un anticorps-médicament : l’herceptine. Les essais
cliniques en cours ont montré son efficacité pour ralentir
la progression de la maladie.
Des traitements à la carte pour chaque
malade
Les tumeurs du sein pouvant être très différentes,
les traitements ne sont efficaces d’emblée que dans un
cas sur cinq. Or, les caractéristiques d’une cellule tumorale
sont déterminées par ses gènes. Grâce aux
puces à ADN*, les chercheurs peuvent aujourd’hui identifier
les gènes qui déterminent l’agressivité des
tumeurs et leur sensibilité à la chimiothérapie.
Cela leur permettra, dans l’avenir, de mettre en place immédiatement
le traitement adéquat.
Haro sur les métastases
Les tumeurs formant rapidement des métastases sont responsables
d’une mortalité élevée. Cette capacité des
cellules tumorales à devenir mobile et à migrer vers
d’autres organes pour former des métastases est semble-t-il
corrélée à la présence anormale d’une
protéine appelée ErbB2 à la surface des cellules
tumorales. Les chercheurs étudient donc comment s’acquiert
cette mobilité pour pouvoir la bloquer et empêcher ainsi
la formation des métastases.