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> 100 idées reçues sur la pollution de l'air
Fiche conseil santé
Fiche Conseil proposée par la
Fondation pour la Recherche Médicale
Transports routiers et industrie sont les premiers responsables de la pollution atmosphériques en milieu urbain. Depuis les simples manifestations oculaires ou cutanées jusqu’aux conséquences plus graves telles que les complications cardio-vasculaires et respiratoires, en passant par les allergies, l’impact sanitaire de la pollution de l’air est beaucoup plus lourde qu’on ne l’avait imaginé.
100 idees recues sur la pollution de l'air
« Mieux
vaut rester chez soi lors des pics de pollution » FAUX mais… Le conseil supérieur d’hygiène publique recommande
de ne pas modifier ses habitudes de vie (sorties, aération
des habitats) lors des pics de pollution. Au niveau 2 (ou seuil d’information
et de recommandation, (voir encadré ci-dessous), il est conseillé aux
personnes fragiles (personnes âgées, jeunes enfants,
insuffisants respiratoires, asthmatiques) d’éviter les
efforts physiques intenses à l’extérieur, mais
sans restreindre leurs sorties, et de consulter leur médecin
si les symptômes respiratoires surviennent. A partir du niveau
3 (niveau d’alerte), on ajoute à ces recommandations
d’éviter de sortir aux heures chaudes. Pour les sportifs,
l’effort physique accroissant l’inhalation des particules
polluantes, mieux vaut courir de bonne heure le matin, car les concentrations
d’ozone augmentent au cours de la journée.
Les 3 seuils de pollution atmosphérique :
Niveau 1 : information simple des services administratifs et techniques.
Niveau 2 : information de la population et recommandations pour les
personnes fragiles, via les médias.
Niveau 3 : niveau d’alerte entraînant des mesures spéciales
de la préfecture pour la circulation et des messages de prudence
pour l’ensemble de la population (circulation alternée,
réduction de vitesse, interdiction des cars en zone centrale,
gratuité des transports publics régionaux, etc.) qui
sont alors décidées par le Préfet de police.
Guides Santé "100 idées reçues, l'avis des chercheurs" tomes 1, 2 et 3 Fondation Recherche Médicale, éd. Textuel
« L’air est toujours plus pollué en ville qu’à la
campagne » FAUX mais… Les pics de pollution à l’ozone sont liés à l’ensoleillement
et sont généralement plus importants autour des villes
ou en régions rurales qu’en centre ville. Cela s’explique
par les mécanismes de production et de destruction de ce gaz
nocif pour les bronches et les yeux. L’ozone est un composé instable.
Il se forme à partir de polluants comme le dioxyde d’azote
(NO2) et les composés organiques volatiles, sous l’effet
des rayonnements UV. Mais il est détruit au contact du monoxyde
d’azote, autre polluant urbain. Ce qui explique son moindre
niveau en ville. Par ailleurs, l’ozone peut « voyager ».
C’est ainsi que des épisodes de pollution ont été constatés
sur la région de Fontainebleau ou de Rambouillet en fonction
des vents venant de la région parisienne. Mais il est vrai
que les principales sources de polluants atmosphériques (véhicules à moteur,
industrie) se trouvant en zone urbaine, il en va de même pour
les polluants atmosphériques autres que l’ozone : particules
en suspension (PM10), monoxyde de carbone (CO), composés organiques
volatiles (COV), oxydes d’azote (NO, NO2), dioxyde de souffre.
« Les trous dans la couche d’ozone menacent la planète » VRAI L’ozone présent dans la haute atmosphère (entre
15 et 45 km d’altitude) est essentiel à la vie, car
il joue le rôle d’un bouclier protecteur contre les rayonnements
ultraviolets nocifs émis par le soleil. On sait qu’une
baisse de la concentration en ozone augmente les UVB à la
surface de la Terre. L’exposition à ces rayons est nocive
pour la santé (brûlures superficielles, cancers, vieillissement
prématuré, cataracte, conjonctivites) et pour l’environnement
(perturbation de la croissance des végétaux et de la
vie marine). De plus les UVB accélèrent la production
de l’ozone des couches plus basses de l’atmosphère
(ozone troposphérique), qui est aussi nocif pour les hommes
et la végétation.
« La pollution automobile menace surtout
les poumons » FAUX Certes la pollution routière favorise ou aggrave les maladies
respiratoires, mais peut-être plus encore, les maladies cardio-vasculaires.
Des chercheurs ont observé que l’ozone augmente le risque
d’infarctus. Les microparticules (PM10) et le dioxyde d’azote
augmentent le risque d’attaque cérébrale. Ces
polluants pourraient entraîner une augmentation transitoire
de la viscosité sanguine et favoriser la formation brutale
d’un caillot au niveau d’une plaque d’athérome¹.
Ils pourraient même être à l’origine de
phénomènes inflammatoires au niveau des parois des
vaisseaux sanguins et favoriser la formation des plaques d’athérome.
¹ Plaque d’athérome : amas fibreux et graisseux
s’accumulant dans des artères rigidifiant leurs parois
et diminuant leur diamètre. Elles réduisent le flux
sanguin et augmentent le risque d’obstruction à l’origine
des accidents vasculaires (infarctus, accidents vasculaires cérébraux).
« Les bombes aérosols font des trous dans la couche
d’ozone » VRAI L’appauvrissement de la couche d’ozone serait lié aux
composés organo-halogènes (chlorofluorocarbones ou
CFC, halons). Ceux-ci étaient utilisés dans de nombreuses
activités industrielles, non seulement comme propulseurs d’aérosols,
mais aussi dans la production de mousses, de liquides réfrigérants,
de climatiseurs ou de solvants.
Le protocole de Montréal (1987) a imposé l’arrêt
progressif de l’utilisation de ces composés. Mais leur
durée de vie très longue (50 à 100 ans) fait
que les émissions de ces polluants dans les années
1960-1990 continueront de produire leurs effets délétères
sur l’atmosphère très longtemps.
Malgré la baisse de leur concentration dans l’atmosphère
amorcée depuis 1996, les spécialistes ne prévoient
pas un rétablissement de la couche d’ozone à son
niveau antérieur avant 2050¹.
¹
: Programme des Nations Unies pour l’environnement (UNEP)
« La pollution provoque des allergies » Peut-être Des chercheurs français ont récemment montré que
les enfants fortement exposés aux émissions automobiles
durant leurs trois premières années, présentaient
un risque plus important de développer un asthme par rapport à des
enfants non exposés. Ces travaux et d’autres suggèrent
que la pollution pourrait déclencher des allergies. Il n’est
par ailleurs plus à montrer que la pollution augmenta la fréquence
et la sévérité des manifestations allergiques
(rhinites allergiques, crise d’asthme) chez des personnes déjà sensibilisées à certains
allergènes. L’impact sanitaire se mesure par une consommation
accrue de médicaments, un nombre plus élevé d’hospitalisations
pour crises d’asthmes et, de façon générale,
une multiplication des symptômes respiratoires.
Les mécanismes d’action des polluants commencent à être
connus. Ils provoquent une réaction inflammatoire au niveau
des muqueuses respiratoires et augmentent la réactivité bronchique.
Ces effets existent déjà pour des concentrations habituelles
en milieu urbain. Les chercheurs ont aussi montré que les
particules diesel peuvent transporter à leur surface des allergènes
comme les pollens. Ainsi, non seulement ils favorisent leur dissémination,
mais ils facilitent aussi leur pénétration profonde
dans les poumons.
« Les enfants sont les premiers touchés
par la pollution » VRAI La nocivité des particules atmosphériques inhalées
est exacerbée chez le jeune enfant. En raison de leur petite
taille et de leur transport en poussette, ils sont plus proches des émissions
de gaz d’échappement. De plus, respirant plus souvent
par la bouche que les adultes, ils inhalent deux à trois fois
plus de poussières qui se déposent dans les bronchioles
de leurs poumons. Enfin, les enfants sont plus sensibles à la
pollution que les adultes, du fait de l’immaturité de
leurs voies respiratoires et de leurs défenses immunitaires.
Il a aussi été montré chez les enfants qui grandissent
dans les villes dont l’air est pollué, un développement
pulmonaire plus réduit et une incidence de l asthme plus importante.
« Les pics de pollution sont liés à la météo » VRAI Soleil, chaleur et absence de vent favorisent les pics d’ozone,
un gaz toxique pour les yeux et les bronches. En effet, l’ozone
se forme à partir de l’exposition au rayonnement solaire
des oxydes d’azote et des hydrocarbures. Sa concentration maximale
en été, est observée en fin d’après
midi. L’air chaud, agissant comme un couvercle, empêche
les polluants de se disperser verticalement, et l’absence de
vent entraîne leur accumulation au-dessus des villes. A l’inverse,
le vent et la pluie ne sont pas très agréables mais
ils permettent la dispersion des polluants.
« Les véhicules diesel sont
les plus polluants » VRAI Les moteurs diesel sont aujourd’hui les principaux responsables
du rejet des particules fines. Or, avec l’ozone, ces particules
sont considérées comme les polluants dont l’impact
sur la santé est le plus important. Selon l’Afsse¹,
elles augmentent la mortalité cardio-respiratoire, exacerbent
les crises d’asthme, altèrent l’efficacité des échanges
gazeux dans les poumons. A plus long terme, elles favorisent la survenue
de cancers du poumon.
Grâce aux normes européennes rendant les filtres à particules
obligatoires à partir de 2006, une réduction significative
de ce type de pollution devrait être progressivement observée.
Par rapport à leurs homologues à essence, les véhicules
diesel émettent aussi des concentrations plus importantes
d’oxyde d’azote, qui peuvent favoriser les maladies respiratoires
chroniques (asthme). En revanche, ils émettent moins d’oxyde
de carbonne. Une mince consolation !
¹
: Note sur l’impact sanitaire des particules diesel de l’Agence
française de sécurité sanitaire environnementale
(Afsse).
Ozone et ozone : le bon et le mauvais
Il faut différencier l’ozone présent dans les
couches basses de l’atmosphère (troposphère)
qui se forme suite à l’interaction des rayons solaires
avec les polluants liés à l’industrie et à la
circulation, nocif pour les bronches et les yeux, de l’ozone
des couches élevées de l’atmosphère (stratosphérique)
qui nous protègent des rayonnements nocifs du soleil.
« La pollution tue moins que les accidents
de la route » FAUX On estime que l’exposition chronique à la pollution
atmosphérique est responsable de plus de 30 000 décès
prématurés par an, alors que les accidents de la route
ont causé un peu plus de 5 000 morts en 2004¹. Les décès
prématurés liés à la pollution surviennent
surtout chez des personnes dont la moyenne d’âge est
de 70 ans, mais dont l’espérance de vie est ainsi réduite
de 10 ans : ce qui équivaut à 300 000 années
de vies perdues.
Par comparaison, les accidents de la route sont responsables de la
perte de 200 000 années de vie, si l’on considère
qu’ils surviennent en moyenne à l’âge de
40 ans et privent les 5 000 personnes qui en sont victimes de 40
années de vie. Selon l’étude PSAS-9 (programme
de surveillance air et santé dans 9 villes françaises),
1 800 vies pourraient être épargnées chaque année
si la pollution urbaine (ozone et dioxyde d’azote en particulier) était
réduite, ne serait-ce que de moitié². De quoi
réfléchir !
¹ : Source : Ministère de l’Equipement.
²
: Source : FNE Réseau Santé Environnement – juin
2002.