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Fiche conseil santé : TRESORS DU MALI
Fiche conseil proposée par Nelly Saby,
Nelly Saby est praticienne en Ayurveda. Historienne, elle s’est formée aux médecines orientales et a suivi une formation clinique en Inde, où elle se spécialise en nutrition ayurvédique et Yoga Therapy. Présidente de l’Association Aparna, elle collabore à des publications, conférences, articles, et projets solidaires afin de contribuer à une meilleure connaissance des méthodes naturelles de soins.
Le fenugrec, une petite graine gorgee de seve
Le fenugrec (Trigonella foennum graecum) est, comme son nom l’indique, une variété originaire de l’Europe du Sud, connue des grecs dès l’Antiquité, dont la semence s’est propagée du désert Saharien aux confins de l’Asie.
Appartenant à la famille des Fabacées, il est reconnaissable à ses petites feuilles comparables à celle du trèfle : pour cette raison, on l’appelle aussi Trigonelle.
Une petite graine préventive et nutritive
Ses fleurs produisent des petites graines blondes, ressemblant à de minuscules graviers, possèdant une odeur fortement prononcée, qui appartiennent à la catégorie des « épices douces » . Aromatique, de nature « chaude », la saveur du fenugrec est principalement amère, puis piquante, qui sont les deux saveurs à privilégier au printemps. La saveur piquante permettant de stimuler l’énergie après le long sommeil hivernal. Quant à la saveur amère, elle est la saveur « purgative » par excellence, qui aide le corps à se nettoyer comme à se régénérer. Ainsi, l’une des meilleures saisons pour l’utiliser est la saison printanière, où le corps, au sortir de l’hiver, a à la fois besoin de draîner ses excès, et de retrouver sa vitalité. Un organisme débarrassé de ses toxines retrouve naturellement l’appétit, et avec celui-ci, une envie de croquer la vie à pleines dents ! Depuis des millénaires, on prête au fenugrec des vertus de longévité, car il maintiendrait l’organisme propre, tout en participant de la construction des tissus.
Car, du Moyen Orient au pays du Sahel, le fenugrec est bien connu pour favoriser la croissance. Source exceptionnellement riche en oligoéléments essentiels tels le calcium, le fer, le phosphore, le magnésium, comme en vitamines du groupe B, le feungrec participe au bon développement des tissus : à la formation du sang, à la tonicité des muscles (magnésium), à la solidité des os (calcium). Il est l’une des substances les plus usitées pour aider à la reminéralisation, car il aurait une action particulièrement bénéfique sur l’assimilation des nutriments. Pour cette raison, comme du fait qu’il redonne de l’appétit, le fenugrec contribuerait à la (re) prise de poids, permettrait de recouvrer ses forces, notamment chez les personnes les plus fatiguées, et serait particulièrement bénéfique pour pallier au stress de la vie moderne en raison de sa haute teneur en magnésium.
Une plante amie des femmes
Le fenugrec est sans doute, avec le fenouil, l’une des graines les plus intéressantes à connaître pour les femmes aux différentes étapes de leur vie, de la puberté, où la jeune fille a besoin de tous les nutriments nécessaires pour satisfaire aux besoins de la croissance et préparer son capital osseux, à la ménopause, où la fixation du calcium représente un enjeu important dans le maintien de sa santé. Ainsi, du Maroc aux pays du Sahel, l’on utilise le fenugrec afin d’aider les jeunes filles à prendre du poids et des formes, critère de beauté indispensable pour toute femme aspirant à se marier. Au Moyen Orient et en Inde, où le fenugrec fait partie intégrante de l’alimentation quotidienne, il est courant d’en supplémenter l’apport pour les femmes au moment de la ménopause. Outre ses effets bénéfiques sur le maintien du capital osseux, il aurait une action favorable sur les sautes d’humeurs que certaines femmes peuvent rencontrer.
La grossesse est l’autre moment où l’on peut en goûter les vertus puisque le fenugrec, par sa richesse en fer, peut, en complément d’une alimentation variée et équilibrée, aider à prévenir les carences fréquentes chez la femme enceinte. Mais attention, même s’il n’existe pas de contre indication connue, il vaudra alors mieux l’utiliser sous sa forme végétale, que sous forme de graines, car celles-ci peuvent avoir une action abortive ( !). En revanche, au moment de l’allaitement, celles-ci vont soutenir la lactation. Il vous suffit pour cela d’en réhydrater les graines pour vous rendre compte qu’une substance semblable à du lait y est contenue. Mais attention...
Quatre façons de l’utiliser
Le fenugrec peut être utilisé sous de multiples formes. En voici quelques-unes, assorties de petits conseils et astuces, afin de vous bénéficier de son extraordinaire potentiel avec l’arrivée du printemps…
Le fenugrec s’utilise comme épice ou aromate pour tous les plats. Au printemps, il se combine idéalement au cumin, au curcuma, au gingembre, au laurier, qui possèdent une action conjointe sur les systèmes digestif et circulatoire. Les graines de fenugrec sont idéales pour aromatiser une soupe de légumes verts au printemps et en été.
Sous forme de graines germées, elles sont alors plus tendres, faciles à mâcher, et naturellement gorgées de sève ! On peut les prendre à jeûn, au petit déjeuner pour favoriser l’élimination (laxatif) ou pour leur action tonique. Elles sont particulièrement riches en vitamine E et du groupe B.
Sous leur forme végétale, elles deviennent un aromate, comme la coriandre ou le persil. D’une forme assez semblable aux pousses de mâche, et d’un goût similaire aux blettes, les feuilles de fenugrec peuvent agrémenter les salades, et sont utilisées dans certains pays d’Asie ou d’Afrique comme légume complémentaire pour aromatiser les plats, ou garnir les pains, comme dans le Nord de l’Inde. Les feuilles ont une action dépurative assez similaire aux graines, la différence étant qu’elles se sont chargées de chlorophylle, et ont concentré la lumière du soleil afin de croître, énergie qui nous a parfois tant fait défaut durant les mois d’hiver…
Sous sa forme pulvérisée, le fenugrec peut servir à saupoudrer un plat ou une salade. En usage externe, cette poudre, extraite des graines, aurait des propriétés assainissantes du cuir chevelu. En cas de pellicules, on préconise de l’appliquer généreusement sur le cuir chevelu, à sec ou mélangée à de l’eau à température ambiante, à laisser poser avant ou après avant le shampoing. De même, le fenugrec, par sa richesse en minéraux, contribue à la croissance du cheveu. Son feuillage est également une plante tinctoriale qui permet de donner une coloration d’une belle nuance pourpre.
En cure printanière, on peut utiliser le fenugrec en complément de son alimentation, notamment sous forme de graines germées, à prendre avant ou pendant le repas à raison d’une à deux cuillère à café. De même que l’on peut utiliser les graines en infusion (1/2 cc pour 30 cl d’eau), si l’on ne craint pas sa saveur amère. On peut dans ce cas l’associer à d’autres substances plus douces comme le fenouil ou l’anis. Pour une action tonique, on recommande de prendre chaque jour 1 cc de fenugrec en poudre avec un verre de lait jusqu’à recouvrer son énergie, et son appétit.
Comme pour toute nouvelle substance introduite dans l’alimentation, il convient toujours de le faire progressivement et de respecter les doses physiologiques. De même, les propriétés préventives ou curatives ci mentionnées sont données à titre d’information, et ne peuvent en aucun cas se substituer à un avis médical, indispensable dans l'établissement du diagnostic et dans l'appréciation de la gravité d'une pathologie.
Le gingembre, une racine devenue universelle
Originaire de l’Asie, le gingembre est un rhizome poussant dans les pays tropicaux, ou subtropicaux dont l’usage s’est aujourd’hui répandu à travers le monde entier. Pour son usage culinaire, tout d’abord. Sa chair juteuse et piquante est utilisée depuis des millénaires par l’ensemble des populations d’Asie, notamment de la Chine et de l’Inde, que les médecines traditionnelles considèrent comme une panacée (notamment l’Ayurveda). Dès l’Antiquité, les Arabes lui accordèrent une place importante, tant pour ses vertus culinaires, que préventives, curatives, ou encore aphrodisiaques... Les musulmans en propagèrent l’usage de l’Asie Mineure aux pays du Sahel, avant de l’introduire en Europe, avec les grandes caravanes de la route des épices.
La saveur du gingembre est piquante, douce, et astringente. Il a une action immédiate de sécrétion de la salive et des sucs gastriques : il favorise naturellement l’appétit, comme la digestion. En Europe, le gingembre s’est substitué au Galanga, autre rhizome de la même famille, cultivable dans les zones tempérées, qui permettait de faciliter la digestion des mets les plus lourds (comme les gibiers) en facilitant le travail de la vésicule biliaire. Digestif et apéritif, le gingembre réchauffe de sa saveur piquante les aliments crus ou froid, qu'il s'agisse des poissons japonais, ou des crudités. Il évite la sensation de pesanteur dans l’estomac, de même que les crampes abdominales durant la digestion, et soulage instantanément toute sensation de stagnation, d’engourdissement ou de refroidissement. Pour cette raison, il est également recommandé en cas de rhume accompagné de fièvre.
Comment l’utiliser ?
On utilise le gingembre aussi bien frais que sous forme de poudre, quoique leurs effets soient différents : l’un étant de nature « chaude », et le second « rafraîchissant ».
Voici quelques remèdes maisons venus d’Asie et d’Afrique du Nord, à base de gingembre :
- En Asie, la décoction de gingembre frais râpé le matin permet de réveiller l’énergie (le Qi), et de la reconstituer à chaque instant de la journée. Elle est également indiquée en cas de nausée, pour ouvrir l’appétit, comme pour stimuler la digestion. Les femmes nord africaines continuent ce remède palliant aux nausées de la grossesse. On la dit est également souveraine pour lutter contre le mal des transports.
- Pour soulager les diarrhées chez l’enfant, dans les régions du Sahel, il est d'usage d’utiliser le gingembre en poudre. En Inde, on le donne à raison d’1/2 cc avec du lait porté à ébullition afin de soigner les indigestions chroniques infantiles.
- En Ayurveda, le gingembre est utilisé en application locale sous forme de pâte pour soulager les articulations douloureuses, les maux de tête, les sinus congestionnés.
- Enfin, chez nous, Hildegarde de Bingen, cette religieuse du XIème siècle, qui fut aussi une extraordinaire naturopathe, avait conçu une recette de gâteaux dépuratifs au gingembre (oui , vous lisez bien : une douceur aux vertus médicinales!) à base de sucre complet et de farine d’épeautre, dont elle considérait l’usage comme un « remède universelle » et préventif de bon nombre d’affections dont celles touchant l’estomac, les intestins et la peau.
Ginger Tea/ décoction de gingembre
10 g de gingembre
30 cl d'eau
1 cc de miel
1/4 de citron
Epluchez le gingembre et râpez le. Porter l'eau à ébullition. Lorsqu'elle frémit, mettre les lamelles de gingembre. Laissez frémir à feu doux 1 minute. Arrêter le feu. Couvrir et laisser infuser 3 minutes. Filtrez.Pressez le citron. Versez dans un verre le citron, puis la décoction. Ajoutez le miel et buvez. Cette décoction peut servir de base à une boisson plus rafraîchissante en été, à consommer fraîche, et que vous pourrez édulcorer avec du sucre complet pour remplacer le miel, et du citron vert (plus rafraîchissant).
Bien qu'il soit aujourd'hui plus répandu et utilisé dans notre cuisine, le gingembre n'est pas toléré par tous de la même façon, notamment par les personnes qui n’utilisent aucune épice dans leur alimentation. Il peut comporter des contre-indications, notamment chez la femme enceinte.
Credit photo, flickr common license
L'hibiscus, nectar de vie
L’hibiscus, cette fleur au beau rouge
incarnat, parure des femmes, offrande aux
dieux, abreuve depuis des millénaires de
son nectar subtil et rafraîchissant les
populations des zones les plus chaudes du
globe…
L’hibiscus est issu d’une variété subtropicale dont il existe plusieurs
dizaines de milliers de fleurs différentes.
Deux d’entre elles sont utilisées pour leurs
vertus, notamment par les premières
civilisations qui peuplèrent l’Afrique, du
Moyen Orient et de l’Asie du Sud Est.
-
La
première est la « Roselle » (Rosa sinensis), une fleur au rouge incarnat et au pistil
orangé
-
et le « Bissap » (Hibiscus
Sabdariffa) que l’on trouve principalement
en Afrique de l’Ouest (Sénégal, Burkina
Faso, Mali…) dont les fleurs sont plus étroites et ramassées.
Dans la tradition ayurvédique, l’on
considère que l’Hibiscus est lié au
fonctionnement de la partie inférieure du
corps, et qu’il contribue à l’équilibre des systèmes urinaire et génital. Notamment
chez les femmes. Dans cette perspective,
elle est souvent associée à la rose, cette
autre fleur symbole et alliée de la
féminité ! L’hibiscus est utile en cas de
règles difficiles, douloureuses, abondantes.
Calmante, elle est conseillée pour tous
types de crampes, de spasmes, qu’ils soient
nerveux, musculaires, ou digestifs.
GOMBOS ou OKRAS Enfin, n’oublions pas que l’hibiscus
(variété aux pétales jaunes) porte de
vertueux fruits ! Ils forment de petits
légumes d’un vert intense, semblables à des poivrons miniatures au dessin
octogonal, que l’on appelle Gombos, ou
encore Okras (Asie du Sud) entrant dans la
préparation de nombreux plats
subtropicaux, et qui recèlent eux aussi de
surprenantes vertus…
Infusion d’Hibiscus ou Bissap -
Compter 20g d’Hibiscus pour 1 litre d’eau
-
Porter l’eau à ébullition.
-
Ebouillanter les
fleurs d’Hibiscus, et laisser infuser la
préparation dans une théière durant au
moins une heure.
- Vous pouvez ajouter, avec les fleurs,
quelques feuilles de menthe et/ou des
gousses de cardamome.
- Filtrer le mélange. Sucrez à votre
convenance avec du sucre complet, ou
mieux, du sucre intégral (plus riche en
minéraux !).
Le sel
Quel aliment possède une valeur aussi forte et universelle que le sel ? Il est depuis des milliers d’années un ingrédient indispensable de l’alimentation de l’ensemble des populations de la Terre. Le sel est ce qui donne et préserve la saveur de la vie. Depuis des temps immémoriaux, on en exploite la valeur : en témoignent les longues caravanes qui continuent de sillonner le Sahara, où les touaregs parcourent des milliers de km pour échanger mil et bétail contre de lourds blocs de sel au Mali. Seule denrée permettant la conservation des aliments, notamment des viandes ou du poisson, le sel revêt un caractère sacré, lié à la purification. Or, avec développement des maladies liées à l’hypertension, le sel souffre d’une réputation mitigée. Qu’en est-il réellement ? Afin que l’addition ne soit pas trop salée, l’âge avançant, voici quelques réflexions autour de cet ingrédient essentiel.
Le sel n’est ni un aliment, ni un aromate mais un minéral, composé tout simplement de Chlore et de Sodium, deux molécules indispensables au fonctionnement des cellules de notre organisme. Responsable de la rétention des liquides (hydratation) et des minéraux, il est absolument nécessaire à notre survie !
Il n’existe pas un mais deux variétés de sel, qui diffèrent dans leurs propriétés : ce sont le sel marin, et le sel gemme. Tous deux sont issus des résidus laissés par les mers, ou les Océans, à la différence que le sel gemme, que l’on trouve dans les rocs montagneux, ou les déserts, est de nature plus « sèche », tandis que le sel issu des marées salants est plus chargé en eau.
Le sel exalte le goût des aliments, favorise la sécrétion des sucs digestifs, augmente la salivation (et donc l’appétit), et en cela, participe à la bonne digestion. Mais attention, excès, il a l’effet contraire ! C’est pourquoi on évitera de saler les aliments lourds ou gras, comme le fromage.
Le sel gemme est de nature plus sèche, et fut longtemps utilisé pour ses vertus thérapeutiques, notamment en Inde, où on en trouve différentes variétés aux nuances grise, rose, ou encore noire. Sa forte teneur en souffre le rendrait particulièrement bénéfique pour alléger la digestion et favoriser l’absorption. Mais le sel devient nuisible, lorsque l’on en abuse, car il provoque, au fil des ans, un durcissement des parois artérielles, responsable de l’hypertension
Quelques recommandations de base La dose moyenne de sel par jour ne devrait pas excéder deux grammes. La plupart des aliments industriels, conditionnés, ou encore la charcuterie (ou salaison), les poissons fumés, le pain ordinaire, ainsi que tous les « snacks » (chips, crackers, cacahuètes…) contiennent généralement beaucoup de sel. Noter que la plupart des légumes contiennent naturellement des sels minéraux.
Pour les personnes sujets à la rétention d’eau, l’on conseille de remplacer le sel marin autant que possible par le sel gemme, de nature plus «sèche».
Quelques remèdes Pour prévenir les maux de gorge, faire régulièrement un gargarisme avec une pincée de gros sel, le jus d’un quart de citron et un peu d’eau chaude.
Pour augmenter l’appétit, ou en cas de lourdeur : avant les repas, mélanger 1 pincée de sel gemme avec le jus d’un quart de citron, une pincée (1g) de gingembre râpé, et ½ cc de miel.
Pour stabiliser ou renouveler son énergie, prendre un bain tiède avec des sels marins. L’idéal restant de prendre ce bain dans la mer… !